17 janvier 2010

MISE AU POINT SUR QUENTIN TARANTINO


A l’occasion de la sortie de INGLORIOUS BASTERDS en DVD

En 1994, année de sortie de Pulp Fiction, je n’étais qu’un gamin de douze ans dont les goûts en matière de cinéma se résumaient à aduler les films d’horreur des années 80 (les Freddy, Christine, Jason et compagnie) ou les blockbusters hollywoodiens dont le summum était à mes yeux étaient les sagas « Retour Vers le futur » ou « Indiana Jones ».

Trois ans plus tard, je tombe sur la cassette vidéo du deuxième film et néanmoins chef d’oeuvre de Tarantino (QT pour les intimes) et me reçoit une baffe monumentale qui aura de lourdes conséquences dans mes futurs choix de cinéphile amateur.

Car au-delà du fait que le film témoigne d’une cohérence absolue et d’une sincérité exemplaire (depuis devenue cliché à éviter), Pulp Fiction est l’évangile selon Quentin, le magnum opus de son auteur qui verra par la suite cette matière brut et bouillante se disloquer peu à peu pour accoucher de longs-métrages certes toujours maîtrisés, mais n’ayant jamais réussi à retrouver ce subtil mélange entre film d’auteur (dans le sens littéraire de ce mot, ou scénaristique, si vous préférez) et film d’ »entertainement » pour adultes que seule la palme d’or 1994 a réellement su porter à son paroxysme. C’était le film idéal, et donc l’auteur idéal, pour glisser du cinéma pop corn qui jalonna mon adolescence, à une prise de conscience de l’importance du scénario, du jeu des acteurs et de l’impact de la mise en scène, confiant en un Tarantino qui fait passer la pilule en nous livrant au passage des bonnes grosses scènes de cinéma implacables et irrésistibles, des coups de revolver et des dialogues de génie, des citations et des références comme on n’en avait jamais vu – ni entendu – au cinéma. Après cela, il est forcément plus facile de respecter le travai d’un auteur, fut-il un faiseur d’images. Et Tarantino, en voulant nous faire aimer le cinéma bis, de nous donner envie d’aimer le cinéma tout court.

Mais voilà, nous sommes en 2010, j’ai 28 ans, et c’est un fait, Quentin n’est plus vraiment Tarantino, ou alors d’une autre façon, accomplissant ses « actes cinématographiques » avec la précision d’un samouraï, mais perdant – souvent – en substance et en cohérence ce qu’il gagne en forme. Car l’auteur déjà foutrement talentueux il y a 18 ans (« Reservoir Dogs », son premier film est quand même sorti en 1992!!) est devenu un réalisateur accompli, il serait malhonnête de ne pas en convenir. Le problème – petit mais gênant – réside dans la progression de son travail de metteur en scène. Car même si nous sommes les premiers à préférer des réalisateurs en évolution et/ou adaptant sans cesse leur forme aux besoins de leur fond (ce qui est un gage de diversité et non forcément de réussite), Tarantino semble non pas s’efforcer d’adapter son travail de réalisateur à ses idées de scénariste, mais au contraire essayer de se prouver qu’il est capable de dépasser en qualité ce que son activité de cinéphile lui fait découvrir chez les autres.

Alors oui, la citation – et maintenant l’auto-citation – est une marque de fabrique de Tarantino. Lorsqu’elle n’était qu’un outil au service d’une forte dramaturgie, son application ne soulevait aucune contestation. Mais depuis quelques temps, il semble que le maître s’inquiète d’abord de savoir quelle scène de fou ou quelle innovation de mise en scène il pourra présenter à son public (toujours le même depuis les premières années ou presque) avant d’y incorporer un scénario de moins en moins imaginatif.

C’est le cas de la majorité des scènes de Kill Bill, par exemple. La scène « manga » puis celle – finale – du combat dans la « house of the Blue Leaves » témoignent de ce désir d’imiter – en mieux – des films qu’il apprécie (ceux de la « Shaw Brothers » notamment, et tout l’univers filmique des asiatiques en général). C’est bien foutu, bien mené, mais remis dans le contexte du scénario, ces scènes n’ont que peu d’intérêt dramatique, ou alors celui relevant du pur cinéma de divertissement. Pareil pour son avant-dernier film, « Boulevard de la mort », sorte d’hommage – un peu – raté aux séries B des années 70-80, et dont on mesure le manque de créativité scénaristique au fait que ceux qui ont vu le film n’ont retenu que les deux grosses scènes purement « visuelles » du long-métrage : l’accident de la première partie et la course-poursuite de la seconde (effectivement très impressionnante d’ailleurs). Preuve que Tarantino raconte toujours aussi bien ses histoires, mais que désormais son terrain de chasse se limite presque exclusivement aux prouesses visuelles qu’il est (ou veut être) capable d’accomplir.

En interview, il ne dit pas autre chose, et avoue – avec une mégalomanie qui force le respect – n’avoir d’autre objectif que de dépasser en maestria technique les scènes d’action vues dans les films de sa jeunesse. Par exemple, dans un article spécial que Les Cahiers du Cinéma lui avaient consacré à l’occasion de la sortie en salles de « Boulevard de la mort », mister Quentin expliquait que s’il a – par exemple – besoin de filmer une course-poursuite entre deux voitures, il ira chercher dans sa filmothèque la meilleure et la plus culte scène de poursuite jamais réalisée (et, notez-le bien, pas forcément la plus récente) et tentera par tous les moyens mis à sa disposition de créer une scène encore plus forte, plus potentiellement mythique. Cette envie de se dépasser peut plaire à certains, et je ne les en blâme aucunement car encore une fois, Tarantino connaît son métier et ses dernières réalisations sont techniquement irréprochables, mais sûrement pas aux autres, les orphelins de l’esprit qui animait ses oeuvres des années 90 (« Pulp Fiction », reservoir Dogs », « Jackie Brown », mais également son sketch tiré de « Four rooms »), à savoir un équilibre unique et puissant entre un scénario de génie et une mise en scène qui ne fait rien d’autre que lui rendre honneur, tout en ménageant savamment les moments de pure adrénaline à condition que ces derniers soient au service de l’histoire.

Autre point qui fâche – et celui-là vraiment pour le coup – réside dans les – nouveaux – dialogues de Tarantino. Car oui, si Tarantino n’a pas son pareil pour inventer la phrase qui tue et surtout illustrer parfaitement les faits et gestes de ses personnages par les simples mots qu’ils prononcent, les rendant totalement « complices » de l’action en cours, force est d’avouer (ô combien à regret) que depuis quelques temps, le scénariste Tarantino abuse un peu trop de sa réputation de bon dialoguiste et remplit ses derniers films de dialogues tellement longs que, malgré la saveur de chaque réplique prise séparément, le tout devient rapidement indigeste, voire désespérément ineptes. Cette tendance au sur-dosage commence dès Kill Bill, avec d’autant plus de force que dans ce dernier, même les répliques prises séparément ne relevait pas franchement du folichon. La bonne foi me commande tout de même de préciser que dans ce cas précis, paradoxalement, la pilule passe quand même mieux, étant donné que Tarantino n’a jamais revendiqué en Kill Bill autre chose qu’un pur film d’action et de baston.

Les choses se compliquent avec « Boulevard de la mort », sorte d’apologie de la puissance féminine face à un mâle candidat à sa propre castration, et se résumant – comme indiqué plus haut – à deux grosses scènes de bagnoles bien tonitruantes. Mais cette première partie du programme « Grindhouse » concocté avec son ami Rodriguez est également un film très bavard contenant de trop longs plans-séquences sans queue ni tête. Les héroïnes du film – toutes fortes en gueules – si elles ne se font pas trancher une jambe ou si elles ne se vengent pas d’un Kurt Russell pas vraiment à son avantage, blablatent à n’en plus finir sur des sujets de filles et nous donnent la vague impression que ça y est, Tarantino, à force de parodier les autres, s’est mis à se parodier lui-même, semblant ne vouloir rien d’autre que nous prouver tout un tas de choses, comme le fait qu’il connait bien le monde « féminin », qu’il sait ciseler comme personne des joutes verbales sans fin ou qu’il est toujours à la page en matière de références culturelles.

La longueur de ses scènes, le flot quasi continu de dialogues certes parfois mordants mais le plus souvent complètement hors de propos et surtout constituant autant de périphrases qui alourdissent le discours renvoie à l’idée que le réalisateur cherche à nous en mettre plein la vue sans en être plus inspiré que ça. La faute aussi  au style du film consistant à superposer de longs plans-séquence qui, à la différence d’un Tsai Ming-Liang ou d’un Michael Haneke, ne sont que rarement bien exploités. Il est d’ailleurs intéressant de noter que dans son dernier film, « Inglorious Basterds », conscient sans doute du problème, Tarantino a coupé plusieurs plans-séquence de ce type au montage – et notamment la scène du restaurant entre la jeune fille juive et Goebbels, qui à l’origine durait trois plombes – afin de réduire le bla bla inutile au profit de l’intrigue. On notera ainsi que l’homme sait aussi se remettre en question par moments.

http://www.youtube.com/watch?v=lWH-ecZOvvo

Pour résumer tout ce qui vient d’être dit, Tarantino est un personnage à deux visages – l’auteur ultra talentueux et le metteur en scène sans cesse en état de grâce. Mais lorsqu’à l’époque de ses premiers films ce double s’harmonisait pour donner naissance à une androgynie parfaite (les deux parties se mêlangeant si bien qu’on ne pouvait plus clairement distinguer l’une de l’autre), cette schizophrénie propre aux génies tend à s’amplifier pour peu à peu voir naître un véritable antagonisme entre l’auteur et le metteur en scène, les deux voulant pousser les limites de son propre talent dans ses retranchements les plus extrêmes. Pour l’instant, la guerre fait rage, laissant une bonne avance toutefois au faiseur d’images que – finalement – Tarantino a toujours rêvé d’être, tandis que le constructeur de mots s’enlise dans l’auto-citation et l’auto-glorification.

Dans « Inglorious Basterds », il y a certes un meilleur équilibre de ses deux parties, mais on sent le bonhomme à la recherche de lui-même, comme si l’établissement de son style ultra-référencé s’était d’abord construit à l’instinct (en plus de ses films des années 90, citons aussi le scénario de « True Romance ») avant de lentement s’intelectualiser, devenant du coup une monstruosité dont on ne comprend plus vraiment le but, puisque Tarantino lui-même ne semble plus savoir où il va exactement. « Inglorious Basterds » illustre à merveille cet état de fait, jusque dans la communication imaginée par les producteurs, puisque la bande-annonce présente le film comme étant centré autour d’une bande de mercenaires tueurs de nazis menés par un Brad Pitt jouant de la mâchoire à la Marlon Brando (et dont le jeu est beaucoup moins bon qu’on le lit ici et là) quand le film ne présente en fait qu’une seule et unique scène montrant effectivement les exactions terrifiantes des « bâtards », se contentant par la suite d’enchaîner les moments forts n’existant que pour nous mener au finale qui se veut forcément hautement originale mais qui apparaît – comble du paradoxe – comme le moment le plus ridicule et le moins bien filmé du long-métrage. Il en de même de l’intrigue, sans cesse oscillant entre une ressussée de Pulp Fiction (plusieurs personnages, des histoires parallèles, des scènes « cultes ») et un énième avatar de ce qui se fait de mieux en matière série B. Le résultat laisse perplexe, et donne encore une fois l’impression que Tarantino s’intéresse désormais plus à ce qu’il montre qu’à ce qu’il a à raconter.

Pour conclure, je ne peux décemment pas passer sous silence l’amour porté par Tarantino au cinéma, amour tellement exclusif qu’il pourrait bien expliquer cette baisse de créativité qu’accuse le cinéaste. Car à trop vouloir rendre hommage aux films qu’il aime, à trop s’inspirer uniquement de films et de techniques de tournage, il réussit certes à communiquer cette passion (surtout dans son petit dernier, véritable hymne au pouvoir de l’image) mais limite du même coup son imagination,  là où la littérature, la musique (car là aussi QT a foutrement besoin de renouveler son inspiration) ou la peinture auraient pu lui apporter un nouveau souffle. Les références incessantes (le western dans « Inglorious Basterds », le slasher et le film de bagnoles dans « Boulevard de la mort », le film de samouraï dans « Kill Bill » etc…) finissent par lasser, et noient l’esprit de ses derniers films dans un magma d’esbrouffe qui – même s’il témoigne d’une grande efficacité dans la mise en scène – n’inspire plus grand chose, n’illustre plus aucune idée réellement originale.

Amin Sidi-Boumédiène. (le 17 janvier 2010)

7 janvier 2010

COPPOLA – APOLOGIE D’UN CINEASTE FRAGILE

A l’heure de la sortie du film « Tetro« ,  24ème film officiel de Francis Ford   Coppola, vétéran invétéré de l’art  cinématographique, il n’est sans doute pas inutile de revenir sur cette personnalité hors du commun, véritable artisan ayant inventé le nouvel Hollywood (cette période bénnie du cinéma américain qui a dominé les années 70) et offert au cinéma américain ses plus belles oeuvres.
Coppola est un grand monsieur, un authentique génie du cinéma. Tout le monde vous le dira.
Nous ne donnerons pas tort à cette assertion, et diront même que Coppola, contrairement à ses compères du nouvel Hollywood et aux réalisateurs new age, est un véritable « auteur », dans le vrai sens de ce mot, ce qui implique qu’il est avant tout soucieux de savoir ce que son film « raconte », imposant à chaque fois une idée forte et originale. C’est l’un des rares également à avoir transformé des films à priori purement commerciaux en véritables chefs d’oeuvres (citons les méconnus « Le Parrain » (1,2 &3) et un certain « Apocalypse Now » petit film intimiste se déroulant dans une petit forêt de campagne). L’un des rares aussi (contrairement à Spielberg, Lucas et même Scorcese, parfois) à ne pas avoir décimé l’esprit nouveau qui animaient les cinéastes des années 60-70, à savoir un désir de raconter des histoires importantes, puissantes, insoumises et parfois virulentes, en utilisant des formes audacieuses, nouvelles et anticonformistes. le prix à payer n’en fut que plus dur à supporter :considéré comme un fou furieux capable de plomber un budget en un rien de temps (car l’homme aime donner des moyens conséquents à ses ambitions, quitte à investir sa propre fortune) Coppola a très vite sombré dans un traversée du désert qui, mine de rien, l’empêcha de faire un film important depuis au moins « Dracula« , sorti en 1993, et qui déjà annonçait une baisse de régime dans la créativité du réalisateur.

Mais voilà, Coppola a décidé de se remettre en scelle, à presque 70 ans, en reprenant sa carrière comme s’il l’avait stoppé à l’orée des annés 80, avec ce même désir de faire dans le « jamais vu », cette même soif de liberté qu’il contribua à faire naître dans l’esprit de ses camarades (esprit peu à peu perverti depuis) en créant notamment sa boîte de production « Zoetropa », véritable symbole de l’état d’esprit seventies du cinéma de l’époque. Cette soif de liberté, de connaissance et d’innovation réellement artistique, le cinéaste a su la conserver intacte, restant sans cesse cohérent dans sa démarche. Car pendant que son pote Scorcese, même s’il continue de signer des films intéressants et de forcer notre admiration, persiste à filmer comme à la bonne époque de l’âge d’or d’Hollywood (tout en réutilisant des techniques que lui-même et ses amis imposèrent à leur époque) et, après une période d’intenses innovations et de risques calculés (voir ou revoir « La dernière tentation du Christ » ou « Raging Bull » dans les années 80), est revenu à un cinéma bien plus consensuel, Coppola, lui, transforme sa technique narrative à chaque film, comme d’ailleurs il l’a toujours fait, essayant de garder ce regard de jeune débutant consistant à considérer chaque long-métrage comme un univers à lui tout seul, et non la confirmation d’un talent et de méthodes déjà usés (un autre talent des années 70, Brian De Palma, en est un exemple frappant).

Ainsi, si la sortie de « Tetro » (en décembre dernier) a mis en avant les qualités du « nouveau » Coppola que l’on décrit dans toutes les revues de cinéma comme ayant suivi le chemin inverse de tout artiste qui se respecte (ses premiers films ont l’air plus « sérieux » et « professionnels » que ses derniers – du moins en apparence), on n’a pas suffisamment insisté sur le fait que Coppola est finalement toujours resté cohérent dans sa manière de penser le cinéma, comme ce superbe réflexe consistant à transformer la forme en fonction du fond (peu de points communs esthétiques entre « Le Parrain« , « Apocalypse Now », « Rusty James » ou « Dracula« ) tout en essayant à chaque fois – de par la mise en scène et surtout la production – d’imprimer une certaine forme de « volonté de puissance » à chacun de ses films, de rendre « important » chacun d’entre eux, risquant du même coup de créer une monstruosité, mais établissant un lien entre chaque oeuvre qui, même s’il existe, ne saute pas aux yeux de la même façon qu’un thème « spielberguien » ou « tarantinien », par exemple.

"Tetro", L'affiche du Film
Mais surtout, Coppola nous semble « vulnérable », bien loin des « gagnants » à toute épreuve que sont ses amis Spielberg, Lucas, ou ces jeunes réalisateurs qui certes ont l’air (ou donnent l’air d’être) infaillibles mais dont les films, imprimant cette infaillibilté, deviennent (ou même ont toujours été) d’une étrange tiédeur (encore Tarantino, mais aussi Tim Burton, Jean-pierre Jeunet etc…). Quelque chose dans ses films, contrairement aux pré-cités (et bien d’autres) expriment la fragilité de l’entreprise, l’impression que tout peut se casser la gueule. Ils respirent la sincérité, une certaine naïveté parfois, mais – et c’est cela qui en fait de véritables chefs d’oeuvres – imposent malgré tout une cohérence et une EFFICACITE à toute épreuve. Cette fragilité, cette sensation fausse d’être à deux doigts de tomber dans le vide combinées à une réelle puissance narrative et une solidité esthétique sont la marque de fabrique de Coppola, qui tout en nous faisant croire qu’il maîtrise la situation, donne toujours l’impression de pouvoir sombrer à tout moment. C’est ce qui rend le cinéaste attachant, humain et c’est ce qui lui a toujours permis de ne jamais s’endormir sur ses lauriers.
Il est le seul aussi à avoir eu les couilles d’imposer une nouvelle vision au sein des studios, à essuyer les plâtres au nom de toute sa génération. Pendant que « Steven » léchait les bottes des pontes d’Universal ou que « George » reniait son passé d’auteur sérieux pour verser dans le « Walt Disney » (Star Wars était à l’origine destiné aux enfants!!), Coppola – à la manière d’un Jerry Schatzberg ou d’un Terrence Malick – faisait et produisait les films qui lui faisait envie, et si « Le Parrain » n’avait pas été le succès qu’il fut, il est fort à parier que cet authentique artiste aurait connu les mêmes déboires que certains réalisateurs déchus de cette décennie charnière comme Michael Cimino, Peter Bogdanovitch ou Bob Raffelson. De même, seuls ses investissements dans la viticulture lui ont permis de continuer sa carrière de réalisateur après le suicide financier qu’a failli provoqué « Apocalypse Now », essuyant des échecs cuisants avec « Coup de Coeur », « Rusty James », « Cotton Club » et inaugurant une manie qui deviendra l’emblême de sa carrière : pour chaque oeuvre d’art, il lui faudra faire un film de commande pour rembourser les pertes engagées. C’était également comme ça qu’il s’était retrouvé, malgré lui, aux commandes du « Parrain« , dix ans plus tôt, et de la même façon qu’il réalise dans les années 90 deux films mineurs (« L’idéaliste« , énième adaptation d’un Grisham, et « Jack« , en 1996). Tout ça pour dire que Coppola, sans ce premier et seul grand succès, n’aurait pas fait long feu, puisque son intransigeance ne collait plus avec la nouvelle politique des studios des années 80. Ceci pour dire que l’homme a su être pragmatique quand il le fallait.

Avec l’ »Homme sans âge » (2007) et « Tetro » (2009), Coppola confirme tout le bien que l’on pense de lui. D’abord parce que pendant que Scorcese filme un « Aviator » (2004) un peu trop « bigger than life » et que Spielberg continue de nous emmerder avec ses E.T. (« La guerre des mondes » en 2005), Coppola, lui, fait un virage à 180 degrés et livre deux films qui non seulement n’ont rien à voir avec ce qu’il a pu faire jusqu’ici, mais qui surtout tranchent radicalement avec des films sortis au même moment. leurs formes surréalistes et éclatées, ses choix de mise en scène (de plus en plus basés sur le « dédoublement », le jeu avec les miroirs et les effets de lumière – magnifique noir et blanc dans « Tetro« ) et surtout ses scénarios mêlant fantastique, romance et véritable questionnement métaphysique (essentiellement sur « L’homme sans âge » dont l’idée lui a été inspiré par l’oeuvre du grand Mircea Eliade), sont le signe que Coppola n’a rien perdu de sa fraîcheur, de son originalité, allant chercher des sujets pas faciles que les studios américains ou la majorité des producteurs n’auraient sans doute pas accepté. Il continue de brasser les mêmes thèmes (famille, filiation, poids de l’influence d’un grand frère énigmatique) mais comme de par le passé, il innove en se réinventant, et étouffe cette fragilité qui est la sienne dans un surplus de travail sans cesse au seul service de la créativité.
Aujourd’hui, peu de cinéastes ont la carrure et le courage d’un Coppola. A part David Fincher (qui n’est heureusement pas – encore – tombé dans le piège de l’ »auto parodie »), Paul Thomas Anderson (auteur du sublime «  en 2007) ou encore le génial Darren Aronofsky (« Requiem for a dream » – 2000, « The Wrestler » – 2008), rares sont les réalisateurs américains capables, comme lui, de pouvoir imprimer une marque de fabrique différente à chaque film, tout en exprimant une idée puissante, novatrice, profonde, et qui au lieu de répondre aux attentes d’une époque ou d’une mode, expriment des questionnements éternels et parfois dérangeants, mais toutefois essentiels pour comprendre non pas forcément la société dans laquelle nous vivons, mais l’ »homme », tout court, avec un grand H.
Et en cela, nous pouvons dire que l’oeuvre de Coppola est profondément anthropologique, car elle met sans cesse l’homme au centre de ses préoccupations.
Gageons que le barbu le plus barré du cinéma ne s’arrêtera pas en si bon chemin.

Amin Sidi-Boumédiène.
(6 janvier 2010)

11 novembre 2009

Gang of Four – Entertainment ! (1979)

À l’occasion d’un festival indie au Gibus, spécial papes ultra-branchés du rock, dans les caves violacées et fumantes, ambiance érotico-toxico-musicale, un retour sur une scène indé-punk était fortement conseillé.

Première étape de cette remise à jour, le groupe anglais le plus connu de la scène pas connue, traduisons « underground » pour faire pro: je vous le donne en mille, c’est Gang of Four (vous noterez au passage le subtil jeu de mots)
Quatre étudiants de Leeds, qui à l’époque n’avaient pas encore Facebook, et ne pouvaient pas encore faire partie du groupe de ceux qui adorent le CBGB ou être ami avec Tom Verlaine de Television.
Qu’importe, à l’époque on savait faire parler de soi sans faire chier tout son réseau social merdique.
Alors évidemment, pour parler de Gang of Four, on parlera d’Entertainement ! Parce qu’il faut bien le dire, après ça, le groupe n’est qu’une succession de come-back plus ou moins ratés.

Fin des années 70, les 4 autres garçons dans le vent posaient donc la pierre angulaire d’un rock-punk-funk, on-sait-pas-trop-où-le-mettre, qui se danse, et qui allait inspiré les futurs protégés du label domino (Franz Ferdinand, Arctic Monkeys, Bloc Party) ou même les RHCP ou autres Fugazi, et Sonic Youth.
Une sorte de musique première intention, Gill fait de la guitare comme Bukowski écrit des lignes, c’est un joyeux bordel pourtant très carré. À ma droite, une Guitare funk à moitié (dés)accordée, son aigu, clair et grinçant. Presque autant que les paroles. C’est du vrai punk, la rage est là, les convictions. À ma gauche on rajoute une basse rondouillarde mise en exergue, ce fut ainsi que naquit le punk revendicatif de dancefloor, « et dieu vit que cela était bon. »
Pour faire court: Aliénation (Damaged Goods), anti-amour (Anthrax), politique, colère – les textes regorgent de thèmes qui foutent les nerfs, font lever le poing en criant « mais putain mais qu’Est-ce que c’est là j’ai envie de péter un truc »
Single Punk (ça existe ça ???), Damaged Goods, est l’une des meilleures chansons que les années 70 nous aient pondues.
Dans cette noirceur très rouge, rouge de la jaquette (et je ne parle pas ici d’orientations sexuelles), les Vrais cocos du punk anglais, loin devant des Who lavés à l’Omo (et je ne parle toujours pas d’orientations sexuelles merde, la rigidité de vos mœurs vous monte à la tête), sont les porte paroles d’une génération qui a soif de gueulante, et de musique nouvelle.
Les Geezers sont des enfants de ce club qu’on appelle CBGB outre atlantique. À coup sûr c’était la bande son des ébats de Charles Windsor dans ses jeunes années, lors de ses fornications Under the consentement of the Queen (non non non et non, je ne parle pas d’orientations sexuelles, c‘est pas vrai ça). C’était l’époque où, pour faire comme le prince, les petites british non plus, n’avaient rien sous le kilt. Pendant ce temps là dans l’Albion, Les 4 potes turbulents eux, en avaient dans le froc
« Two steps forward, six steps back », si on était polémistes, on dirait qu’ils avaient raison, et que 40 ans plus tard, ça n’a pas vraiment changé.
Alors, par pitié, faites nous de la musique comme ça !! On en redemande !! Donnez nous enfin une vraie raison d’apprécier les caves punk branchées regorgeant de groupes branchés punk.

David de Araujola pochette "polémique" de l'album Entertainment ! (pour le site : Surchauffe Surnatuelle)

8 novembre 2009

Jamie Cullum – The Pursuit [novembre 2009]

C’est dans 3 jours que sort le nouvel album du Little Genious, j’ai nommé Jamie Cullum. The Pursuit (c’est le titre) devait annoncer une nouvelle forme de Jazz. Un défi annoncé et autoproclamé comme « l’album de la maturité ». Qu’en est-il vraiment ?

C’est après avoir assisté au concert privé parisien de Monsieur Jamie Cullum, que je ressentis le réel besoin d’entreprendre un article sur son nouveau disque.
Ladies and Gentlemen, Please Welcome Jaaaaamie Culluuuum.
Belle ambiance parmi les rares 100 personnes qui avaient le privilège d’assister à cette sublime prestation des plus intimistes.
Car sur scène, le bonhomme (ce n’est pas nouveau), est une bête. Il porte le jazz à sa dimension rock. Un rockeur à piano, un rockeur adepte de la note bleue pourrait-on dire. Mais cette fois il va plus loin, car il amène le rock en studio.
Après le succès de Catching Tales, nombre de fans attendaient le nouvel opus, qui se voulait «radicalement différent ».
Alors les promesses sont -elles tenues ?

Et bien oui, elles le sont. C’est un fait. Cet album amorce un tournant dans la musique et la carrière du Kid. Jamie troque le piano du bar du coin contre des orgues Hammond, des nappes de synthé et des basses saturées.
Ce que ça donne ? Une sorte de jazz noisy, d’inspiration trip hop. C’est en fait là que réside tout l’intérêt de The Pursuit. Le son est résolument « from Bristol », paradoxal quand on sait que c’est le producteur de Katty Perry et Mika qui produit l’album. D’ailleurs, l’un des défauts de l’album revient à la production, trop gonflée, mise sur pilotage automatique. Là où l’on ressentait les caves du Blue Note sur les précédents albums, on entend ici toute la platitude d’un studio, le son stéréo trop amplifié qui devient déconcertant.

Car pour ce qui est des déceptions, il y a matière à discuter. Le cover du « Don’t Stop the Music » de Rihanna est bancal. L’idée est facile, il y a ce quelque chose de générationnel, qu’est la reprise de tubes du hit parade, pour en faire (forcément) quelque chose de mieux.
On y trouve certes, quelques coups de génie. Le ralentissement du tempo, et l’apport d’un certain swing dont manque cruellement l’original en font une réussite sur le fond. Mais c’est sur la forme que cela pêche. On regrette les mélodies chiadées dont est capable le petit anglais, car ici, on se noie dans un océan de désinvolture. Péché d’orgueil sans doute.
Dans le genre, petite ritournelle pop un peu soupeuse, on a « Wheels », « Not While I’m around » ou encore « Mixtape », pas dégueulasses en soi, mais certainement les vraies erreurs de cet album. Révélant du même coup l’un des grands défauts de Cullum, celui d’être devenu par moments, une sorte de roi fainéant. Les riffs y ont de faux airs de Coldplay, ou pire de the Fray (au secours !!)
Alors comment se faire à l’idée que le génie du jazz a choisi de faire de la (mauvaise ?) pop ?

Et bien c’est en écoutant plus attentivement l’album, que l’on se rassurera. Car l’on y retrouve du réconfort, un véritable album cosy: effet « chocolat chaud » garanti.
Quelques petites perles font tout simplement penser à l’esprit de Catching Tales voire de Twentysomething, l’on pense à « You and Me are Gone » par exemple, véritable réussite, qui rappelle l’ancien Jamie. Et puis le single, « I’m All over It » dont la deuxième moitié de chanson est nettement plus jouissive que la première, mais qui reste globalement un archétype du single de crooner jazz réussi. Sans oublier « Just one of those things » ou « Love ain‘t gonna let you down » , que les Nat King Cole ou autres Sinatra auraient bien chanté si ils étaient encore en activité. Cullum fait du Michael Bublé version 2.0, inventant au passage une sorte de tambouille pop crooner.
Mais, mieux encore, Jamie Cullum sort de ses gonds et offre un disque extrêmement couillu. Chantre de ce virage à 180, « If I ruled the world » se veut être une ballade humaniste sur fond de production trip hop entre David Sitek et Tricky. Jamie Cullum pense faire ici son « Imagine », devenir le Lennon des temps modernes, et assure l’intérim avec audace. Derrière les paroles un peu cul-cul la praline, dont l’esprit philanthrope a pris quelques trentaines d’années dans la tête, se cache une très belle chanson, à ranger au panthéon des ballades les plus réussies de l’année. Il a ce brio de faire de la pop soignée, avec des accords résolument jazz, le bridge lui-même en est la preuve.
Mais, le vrai symbole de l’évolution/révolution Cullum, ce sont certainement ses « Music is Through » et son intro électro/nu-jazz, chanson à mi chemin entre les Scissor Sisters et St Germain. Mais surtout ce « We run things », très rock, diablement sexy.
Les claviers s’y font extrêmement discrets, le solo est subtilement caché derrière une basse électrique et omniprésente, des effets de feedback en toile de fond auxquels s’ajoutent la saturation des nappes et une mise en place quasi-spectorienne. Puis, la diction est RnB, et la voix éraillée.
Car la seconde innovation, c’est cette voix justement. D’une voix de crooner puceau, on passe ici à une voix parfaitement maîtrisé, légèrement roque et qui se permet quelques fantaisies de vocalises intelligemment amenées. Cullum a définitivement décomplexé, et c’est tant mieux. Plus mûr, plus présent, plus rock, plus crade, plus érotisant.

The Pursuit est sans conteste un excellent album, sans doute son plus mature, que l’on soit féru de Thelonious Monk, Duke Ellington et Keith Jarrett, ou de Massive Attack et des Beatles.
À se demander si Jamie Cullum ne devrait pas se retrouver classé en variété internationale chez les disquaires, plutôt qu’en Jazz , tant il surfe sur deux vagues différentes. Et c’est certainement ce qui déstabilisera les fans de la première heure.
Pourtant son travail est de qualité, vieillira certainement extrêmement bien, et ce, malgré le problématique manque de cohérence de ce disque somme toute bicéphale.
Mais Cullum a choisi son camp, lui le jazzman flanqué de t-shirts Sonic Youth, a décidé de faire de la musique aux faux airs de Portishead. Cullum fait de la pop, le jazz est devenu une influence plus qu’une référence. Tant mieux pour les uns, tant pis pour les autres.
On vous en a tout dit: À vous de juger.

David de Araujo (le 6 novembre 2009)

24 septembre 2009

Muse – The Resistance

Nous commencerons cet article par une concession. Oui c’est vrai, Muse est un grand groupe, au talent indéniable, et qui mérite le plus grand des respects pour ses tentatives osées de se créer un nouveau son.

Voilà qui est dit.

Le contexte est placé. Dès lors nous pourrons parler de leur dernier album. The Resistance.

Pas de langue de bois c’est promis. Alors C’est parti. Uprising, le single pour commencer l’album. Ce n’est pas la meilleure chanson de Muse, mais enfin, le riff est diablement sexy, la voix merveilleusement claire, le son sublimement puissant, bref cette chanson est d’une relative qualité. Ça ne commence donc pas trop mal. Le problème c’est que pour trouver la deuxième bonne chanson de l’album il faut tout de même attendre la 8eme piste, ce qui, vous l’aurez compris, nous laisse perplexes durant sept chansons. Et vous le savez certainement aussi bien que moi, une chanson de Muse, c’est long. Parfois même très long, trop long. Alors, on ne s’attendait pas au bon rock de Origins of Symetry mais tout de même.

Matthew Bellamy nous avait promis un opus symphonique, choses promises, choses dues. Malgré quelques bonnes surprises, La structure complexe d’Unnatural Selection est des plus grandioses, détruisant les classiques du genre, et s’inscrivant dans la veine des bâtisses de Paranoid Android ou de Good Vibrations pour les plus vieux. Le fond est incroyable, mais la forme classico-lyrico-symphonique est d’un gout douteux, que l’on retrouve tout le long de The Resistance. De Freddy Mercury à Mercury Rev, la frontière est bien mince. Le lyrisme de l’un, le kitsch de l’autre (et vice versa, ça marche aussi) est relativement épuisant.

On savait que muse était adepte du grandiloquent, mais ici les sommets les plus inaccessibles sont atteints. Un album aux faux airs d’opéra rock, qui n’est pas sans rappeler Freddy Mercury et non pas Queen.  Car on lit ici et là que Muse sort un album « Queenesque », c’est pourtant tout à fait  faux. Bellamy rivalise avec Mercury il n’y a pas de doute. Techniquement il n’y a rien à redire. D’ailleurs, mieux encore, chacun des membres remplit sa mission avec brio, jusqu’à la production assurée par Bellamy en personne. Et s’il est une vérité, c’est bel et bien celle-ci. Le guitariste et chanteur de Muse est certainement l’un des meilleurs guitaristes et chanteurs de sa génération. Le batteur de Muse est certainement l’un des meilleurs batteurs de sa génération. Le bassiste de Muse est certainement l’un des meilleurs bassistes de sa génération. Le problème, c’est que la démonstration de force manque cruellement de subtilité. C’est en cela que cet album s’éloigne des standards de Queen. Certes, niveau opéra rock ça a quand même plus de bagout que Mozart la comédie musicale, mais ce lyrisme de stade est dune lourdeur vomitive. On s’approche autant des Killers que de Mercury. Et ce n’est pas forcément un compliment. Resistance aurait du s’appeler Grandiloquence. Car les trois de Plymouth sont des spécialistes du genre, jusque dans les titres pompeux des chansons.

Conclusion ? – Bien volontiers.

Muse est un très bon groupe

Mais Resistance n’est définitivement pas un très bon album

 David de Araujo (24 septembre 2009)

24 septembre 2009

Mika – The Boy Who Knew Too Much

On l’avait attendu, le voici. Le grand et tout puissant Mika allait-il réussir son coming-out (nous parlons ici musique, évidemment). L’on sait à quel point le deuxième album peut être une étape difficile voire meurtrière. Beaucoup avant lui ne s’en sont jamais remis.

C’est donc le 18 septembre que le nouveau né de Mika (de son vrai nom Michael Holbrook Penniman) débarque. Après de nombreuses hésitations quant à son nom officiel, celui-ci s’intitule finalement « The Boy Who Knew Too Much », traduisez, « Le Garçon Qui En Savait Trop ». Derrière ce titre digne d’un nom d’épisode de la série Friends se cache une vérité toute simple. Ce garçon sait en effet tout. Ce garçon sait comment marche la musique, la pop plus exactement, et cet album en est une démonstration de force. Nul besoin d’épiloguer très longtemps, faisons tomber le rideau. On aurait aimé pouvoir vous dire le contraire, mais Mika « c’est plus fort que toi », et cet opus est une tuerie. Sous ses airs de chien battu, et sa petite bouille du David de Michel ange, l’attachant Mika représente à lui seul ce que la pop a fait de mieux au XXIème siècle, et l’industrie du disque elle-même semble lui mettre sur ses maigres épaules tout ses espoirs. Il est vrai qu’avec déjà 7 millions d’albums vendus à travers le monde, il parait sauver à lui seul toute le système : dès lors, reste à savoir ce qu’il en sera de ce nouveau disque.

Car, niveau musique, Mika nous fait du Mika, mais en mieux. C’est imagé, mais globalement c’est l’idée. Rien qu’à voir les 4 premières chansons, il y a fort à parier que ce seront effectivement 4 singles, potentiels numéros un. C’est d’une efficacité incroyable, et misons quelques euros sur le fait que ses singles vont (au passage) royalement nous emmerder d’ici 2 mois.

Car il est un fait que ce nouvel album n’est pas exempt de tout défaut.

Revenons-y, le premier, certainement le pire, c’est que les singles nous ferons l’effet d’un smecta d’ici quelques semaines. A force d’être efficace, on est radiophonique. A force d’être radiophonique, on est lassant. Théorie maintes fois démontrée. Love today ou Relax (Take It Easy) en étaient de parfaits exemples. Car cet album donne donc l’effet d’être un vrai best of. 12 chansons toutes plus entêtantes les unes que les autres, et ce (c’est rare) dès la première écoute. A noter la petite tache de l’album « By The Time », un peu pâlotte, un peu trop « Noël Ensemble » pour être plus clair.

Ceci pour le fond. Quant à la forme, regrettons simplement la dérive de la pop acidulée rose bonbon, qui peut vite virer une bande son à la limite du monde des poupées de Disneyland.

Autrement, ne soyons pas mauvaises langues. D’une manière générale, les ballades de Mika sont bien plus racées que par le passé, effaçant son mauvais coté Robbie williams pour un bon coté Scissor Sisters, Prince, ou Freddy Mercury (ça a quand même un peu plus de gueule). La production, quoique gonflée à l’hélium, et œuvre du producteur de Katy Perry (ce qui est un handicap non négligeable) est plutôt très réussie, mêlant pop, disco, opéra et gospel avec une subtilité notable, cet album confirme le talent du Prince nouvelle génération.

Les Inrocks sont de ceux qui pensent que Mika est certainement le candidat le plus sérieux « au poste vacant du King of pop ». Difficile de leur donner tort en effet.

Petite ouverture. Cet album fait l’effet d’une bombe, celui qui dit trouver ça mauvais n’est certainement rien d’autre qu’un imbécile, car il est une certitude : Mika est un grand de la musique. C’est album est un grand album. Cependant, sans doute lui faudra-t-il évoluer quelque peu pour le 3eme, car la recette risquerait bien d’avoir un gout de frelaté au prochain coup. Lui dit ne pas savoir faire autre chose. Espérons qu’il se trompe. Je ne doute pas que ce garçon ait encore un paquet de belles choses à raconter, et en musique maestro.

David de Araujo (24 septembre 2009)

18 août 2009

Peut-on cordialement chier sur … Radiohead ??

Radiohead le groupe parfait, gendre idéal de la musique pop et expérimentale, fait-il encore vibrer pour sa musique ? ou se reposent-ils sur des sentiers déjà battus (souvent par eux-même d’ailleurs …) ?

Radiohead !! C’est le groupe par excellence.

Discrets, talentueux, mais populaires et vendeurs en même temps.

Radiohead c’est Creep (quand on a encore des boutons), et puis c’est OK COMPUTER, quand on arrive à maturité, et enfin Hail To the Thief, quand on a vraiment tout compris.

Mais Radiohead c’est aussi, et depuis quelques années désormais, une succession de signaux contradictoires.

Radiohead, C’est le groupe qui abandonne ses chansons en numérique pour la somme « que l’on souhaite ». Oui mais Radiohead, c’est 50 euros la place à Bercy.Radiohead, ça ne sort pas de CD, ils sont bien au dessus de ça. Oh et puis si, finalement ça en sort un, parce que quand même ça arrondit les fins de mois. Et puis ça finance les projets solos.

Ah tiens justement. Radiohead c’est le groupe soudé. Mais bon, un petit projet perso de temps en temps, ça n’a jamais fait de mal à personne, encore moins aux égocentriques. Radiohead c’est bien. Mais les side-projects, beaucoup moins.

Récemment, Radiohead brouille les pistes, et quelques fans de la première heure (dont j’ai pu faire partie il fut un temps ô combien béni … et révolu), sont franchement décontenancés. Thom Yorke nous sortait ERASER, et nous, désorientés, bah on écoutait impuissant. C’est plutôt de qualité, plutôt moderne. Un petit côté technique à la Burial, qui avait d’ailleurs assuré la première partie du groupe. Mais Thom Yorke, c’est un peu comme à l’Eglise, rempli de bons sentiments certes mais on trouve ça long, on trouve que ça pleure beaucoup, que ça fait dans le pathos, et que ça agit pas assez.

Niveau mise en place, Yorke compose et écrit, puis refile à Greenwood qui donne son aval. En fait Thom Yorke tout seul, bah c’est Radiohead, mais on enlève juste les noms des autres pécores (pourtant tout aussi talentueux). – à noter que le projet de Greenwood (Johnny) est certainement aussi bon que ERASER, voire bien meilleur, mais qu’on en parle pas.C’est ça la vraie injustice. Notre bien aimée garde des Sceaux s’y penche.

Et puis Radiohead, c’est IN RAINBOWS. L’arnaque de l’an dernier.  De manière subjective, je dirai que c’est de la poudre aux yeux. Les Critiques adorent en règle général l’opus (je ne dis pas album car ça refroidirait le groupe, encore que les chansons ont tout de même été éditées en version CD, mais on est plus à une contradiction près). Sous couvert de 3 ou 4 perles magistrales il faut l’avouer, le groupe britannique nous refait un retour au racines un peu loupé, et met Yorke sur un piédestal. Sauf que Yorke, il a tendance à lasser. De sa voix pleurnicharde et monotone autant que mono-expressive, les chansons deviennent de longues phrases sans aucun point.

Le frontman du groupe représente à lui seul le grand paradoxe de Radiohead. Des discrets qui jouent de leur fausse image de timides.

Alors vrais anticonformistes, ou détourneurs du consumérisme ?  Eux veulent être en marge, mais sont pourtant tellement en plein dedans. Des altermondialistes maladroits, plus consuméristes encore que le système qu’ils décrient.

Ils deviennent tant le contraire de ce qu’ils souhaitaient être au départ. C’est à n’y rien comprendre. On aimait pourtant tellement ce groupe.

Et la musique dans tout ça ??

Radiohead ne fait plus vibrer, plongés dans leurs délires pseudos-intellos, mi-criard mi-introspectif, leurs nappes vibrantes sont boueuses, et l’on s’enfonce dans un sable mouvant de grandiloquence. Il y a tout compte fait une telle prétention dans cette musique. Qui n’a pourtant pas lieu d’être.

Quitte à être experimental, il faut que le groupe comprenne que l’on aligne difficilement le grand public à des experimentations trop souvent au ras des paquerettes. On part dans un fouillis parfois rock-prog, et parfois soupeux sans grand interet. Attention de ne pas finir comme Mercury Rev.

Car Là où KID A et HAIL TO THE THIEF excellaient, dans le genre « Radiohead  prend son envol, Radiohead revisite la musique et initie le son du 21 siècle », IN RAINBOWS puis les quelques extraits de leur futur EP (EP hein ? pas album ! parce qu’on est pas snobs à moitié du côté d’Oxford) nous paraissent indigestes.

Sans doute quelques fans ou puristes, trouveront le moyen de dire qu’ils sont en avance. Qu’ils ont tout saisi bien avant nous, et que ce sont des génies incompris. Mais je crois qu’à force de s’autoproclamer « Génie », il serait de bon ton que la réalisation des vœux s’en suivent. Autrement je crierai moins rapidement au « génie » qu’à l’imposture.

Sinon, dans leur petit coin, les petits gars de TV on The Radio eux, continuent le boulot sans faire parler, experimentent et offrent un VRAI son, construit, constructif et précurseur.

Après tout c’est un peu comme ça dans toutes les boites. Il y a ceux qui font leur taff sans se faire remarquer, et ceux qui se donnent un air travailleur uniquement quand le Boss passe devant la porte du bureau ….

David de ARAUJO (18 aout 2009)

27 juillet 2009

Peut-on cordialement chier sur… Bono ?

Un beau soir du mois de juillet. Il faisait relativement chaud, vu la saison, c’est somme toute assez normal. J’avais un peu bu, oh rien de trop rassurez-vous, je ne suis pas de ce genre là mais, juste assez pour ne pas avoir envie de me coucher tout de suite. La tête qui fait des vrilles, l’excitation à son comble, le cerveau sponsorisé Tequila Paf, bref, juste l’état qu’il me fallait pour me caler les doigts de pieds en éventail devant le câble avec une bonne tisane post-cuite. Après quelques coups de zapette, je passe de quelques clips mauvais à d’autres clips encore plus mauvais, et puis la révélation, une odyssée vidéo du rock sur une des 300 chaines qu’offre le bouquet TV à 29€90 par mois pendant 12 mois. Diantre !! C’est une bonne chose me disais-je, toujours plus excité qu’une adolescente « pompette » en mal de sensations. Après une trentaine de secondes de méditation, je constate que l’odyssée est dédiée à un grand groupe. Avouons-le, ils sont beaux, ils ne vieillissent jamais, et sont les seuls irlandais à qui l’on autorise de porter des lunettes de soleil sans avoir l’air ridicule, en été comme en hiver. Vous les avez reconnus. U2.

Ça commençait pourtant si bien, With or Without You et quelques autres perles de Joshua Tree, des frissons d’Archtung baby, jusqu’aux clips de War. Et soudain tout retombe, How to Dismantle an atomic bomb et puis No Line in the Horizon. Je me dis « oh mon dieu merde, c’est un signe, je dois éteindre ». Mais le problème c’est que l’on est scotché par la médiocrité, on reste devant l’écran comme devant un piètre épisode des Feux de l’amour. On pense toujours que non, qu’ils vont se rattraper, qu’il va y avoir un mieux, alors on veut savoir la suite. Sauf que là, la suite est pire. Pire que pire. Pire que tout ce que vous imaginez de pire. Oh bien sûr, les derniers albums offrent de temps à autres quelques sursauts d’orgueil bienveillants mais dans l’ensemble, soyons honnêtes avec nous-mêmes, U2 n’est plus ce qu’il était.

Alors en me levant le lendemain, j’y ai repensé : à qui la faute si le groupe tombe en désuétude et tourne au ridicule ? La réponse, évidemment, tout le monde la connaît, mais personne n’ose vraiment le dire. Alors me direz-vous, c’est mesquin et puis, c’est quand même trop facile de commencer cette rubrique par lui, mais allez tant pis, c’était trop tentant. Alors mesdames, mesdemoiselles, messieurs, Avons-nous le droit de chier sur… Bono ?

Bono c’est quoi ? C’est un petit bout de mec franchement charismatique, vraiment talentueux mais carrément insupportable. D’autant plus que lui et son gang n’ont rien sorti de bien remarquable en 15 ans. Car aujourd’hui le Bono, une espèce protégée en voie de disparition, est devenu une sorte de caricature de lui même. Il est désormais un ambassadeur grotesque de la paix dans le monde, sujet plus fédérateur tu meurs. Niveau prise de risque on aurait pu faire mieux. Globalement le message c’est la guerre ce n’est pas bien, la paix c’est bien, et si on pouvait tous se tenir la main en chantant « We are the world » avec des étincelles dans les yeux, là on vivrait dans un super beau monde trop parfait. Et puis, peut être qu’on pourrait aussi donner de la nourriture à tous ceux qui ont faim, et puis des couvertures à ceux qui ont froid, que tout soit gratuit et que Jérusalem soit divisée en deux dans un climat propice à l’ordre et à la réconciliation, que la Corée du Nord deviennent une démocratie demain et soyons fous, que Ben Laden se rende, de lui même, parce que quand même il culpabilise. Comme ça Bono, il pourrait arrêter de chanter de sa voix de tribun autiste et devenir Prix Nobel de la Paix, se faire ériger des statues à la sorties des stades (ces mêmes stades dans lesquels U2 fait payer 150 euros la place), et puis forniquer avec le Pape, aller au ciel et soyons fou (encore une fois), devenir Dieu. Oh oui. Bono en rêve. Devenir dieu.
Tant pis si son groupe part en salade de fruit, tant pis si U2 arrête sa pop sophistiquée pour faire de la pop merdique. Tant pis si il chante si fort qu’il en ressemble à une diva de télé crochet. Après tout, on s’en fout, Coldplay a repris le flambeau du groupe le plus propret de la planète. Coïncidence, Coldplay s’est mis à faire de la bonne musique au moment même où U2 à cessé d’en faire.

C’était il y a 10 ans déjà. Bono a volé de ses propres ailes, et U2 ne s’en est jamais remis.

26 juillet 2009

AC/DC – Highway to Hell (juillet 1969)

Atlantic Records

En ce mois de juillet 2009, on fête l’anniversaire d’un grand disque de rock né 40 ans auparavant. Le dernier ACDC sous l’ère Bon Scott.

Highway to Hell, c’est LA consecration. Higway to Hell, ou quand le Hard Rock devient à la mode, devient populaire. Aujourd’hui encore, de la ménagère au nourrisson savonné bébé Cadum, aucune oreille n’échappe à cet album, pas un seul lecteur MP3, n’est dépourvu, à un moment ou un autre d’un petit Highway to hell (la chanson cette fois, vous suivez ?) C’est dire.
Le hard rock trouve son chef d’œuvre. Pourtant ACDC n’y fait rien d’autre que du ACDC. Des accords blues de Gibson crado, au Trebble réglé sur 9. Des chansons fédératrices avec une voix éraillée, des plus parfaites et des plus Rock n Roll. Un solo en guise de pont pour emballer le tout. Le tout multiplié par 10 chansons, et faites place au monstre ! Mais la différence c’est que cet album est à la fois une entité globale homogène, et une succession de 10 singles surpuissants des plus hétérogènes. Chaque piste est plus efficace l’une que l’autre. Le résultat est exemplaire. Les 10 joyaux de la couronne. Personne ne fera jamais mieux, ACDC est décidemment le meilleur groupe de sa catégorie.
Les textes sont d’une variété rarement égalée dans le Blues (car oui, ACDC c’est du Blues à en juger par le solo de Touch Too Much). Sexe, drogue, Rock’n’roll, violence, la vie, et puis la mort. Le single éponyme, on s’en serait douté, parle quant à lui d’un Bon Scott sur la route de l’enfer. C’est sur cette chanson que le mythe s’installe. Sur ce single des plus simplistes, mais des plus réussis. Ce morceau est un hymne pour toute une pléiade de vieux et de jeunes en mal de tatouages et de Harley Davidson.
A l’image de sa performance sur Night Prowler, Bon Scott a l’assurance des plus grands de la Soul. L’âme d’un James Brown. Le blues d’ACDC reprend son plus beau souffle. Beaucoup d’ « experts » (que je ne citerai pas pour la raison pure et simple que je les lis très souvent) se plaisent à penser que le disque s’essouffle sur les dernières compositions. Que nenni messieurs ! Alors que les refrains, et les chœurs assurés par les frères Young amènent ce coté si Rock’n’roll, on croit, sur la toute fin de l’album, déceler un petit solo dissonant d’Angus, c’est quasi-avant gardiste, on croit entendre les belles années 1990. Cette ultime chanson est une véritable tuerie, et constitue avec Highway To hell (première chanson de l’album), deux raisons essentielles pour acheter le disque. A la fin de la 10eme piste, la boucle est donc bouclée. Entre la première et la dernière chanson, pas l’once d’un épuisement. Entre nonchalance, hypnotisme et coolitude (pour reprendre les néologismes si chers à nos élus…juste en passant). Les origines du Rock Stoner sont en quelque sorte là, à portée de main.
Que celui qui n’a jamais adoré cet album, que celui qui n’a jamais rêvé d’être Angus sur Highway to Hell ; en faisant de l’Air Guitar devant la glace, me jette la première pierre. 1969, le punk pointe le bout de son nez outre atlantique, et va faire tourner plus d’une tête. Mais que serait le CBGB si les Hardos d’ACDC n’avaient pas ouvert la voie du Rock, là-bas, très loin, au pays des Kangourous ?

David de Araujo (26 juillet 2009)

26 juillet 2009

Black Eyed Peas – The E.N.D (juillet 2009)

Interscope Productions

La clique de la côte-Est débarque, avec un nouvel album. Résolument différent. Résolument électro.

Le Hip Hop des années 1990-2000 n’avait pas offert que de grands crus. Loin de là. Mais en fouillant bien, on y retrouvait des petits gars au talent indéniable. Dr Dre, Timbaland, Mike Skinner, Snoop Dog, Kanye West, Will I Am en étaient.

Michael Jackson lui même avait su faire appel au leader des Black eyed peas, devenu du même coup un ponte de la production. Les plus grands de la musique avaient bossé sur les deux précédentes œuvres de Black Eyed Peas. Travis Barker (batteur de Blink), Justin Timberlake, James Brown, Sting, Jack Johnson et bien d’autres. C’était donc de plutôt bonne augure après les cartons de Elephunk et Monkey Business. Le son des BEP était devenu résolument pop (plus encore depuis l’arrivée de la bimbo Fergie dans le groupe), mais cela venait contrebalancer avec le HIP HOP brut de décoffrage des 3 garçons, qui à eux seuls, ne vendaient que trop peu. Ce savant mélange et cette musique subtile était remarquable au temple du RNB. On était en droit d’attendre une bonne surprise donc.

A défaut, on aura droit qu’à une surprise. Quant à savoir si elle est bonne, c’est plus difficile. Premier point d’ombre, David Guetta produit deux titres de l’album. Déjà là, ça refroidit. Espérons au moins, pour le bien de la musique, que Will I Am pourra en échange produire des morceaux de Guetta, ce serait toujours ça de pris. Les BEP virent à 180, et offrent un opus extrêmement DANCE. Pas électro non. Dance. Au sens péjoratif du terme. Bon alors c’est vrai, il y a de l’idée, certaines chansons sont même d’une relative qualité (Imma Be, inspiration Motown). Will I AM mêle la Dance à ce qu’il aime le plus, Soul, Funk, Jazz et Hip Hop, et ça a de la gueule la plupart du temps. Parfois, même, dans un élan d’inspiration, on croit entendre un semblant de Daft Punk version Discovery (Alive)- mais la première moitié de la compo reste un peu pataude. Même si la suite est nettement plus adroite.
Will I Am a retenu les leçons de son pote KANYE West, et c’est tant mieux. Il tente de reproduire ce que N.E.R.D a déjà réussi 10 ans avant lui. D’où le goût de réchauffé. Quant à Fergie, elle se fait plus discrète, ce qui n’est pas nécessairement une mauvaise chose.

Pourtant, dans cet album encore, on a bel et bien la confirmation que BEP est un groupe diablement intelligent, on ne peut certainement pas leur enlever ça. Ils donnent (et c’est exceptionnel) du groove à la dance. L’idée est donc assez géniale, quoique brouillonne. Sur Missing you, on croit entendre Cascada, et c’est bien dommage. Mais la prise de risque est notable, et tout à fait respectable. On y entend du punk californien inspiration Blink version électro (Party All the Time), Une Smooth-Funk façon Jamiroquai (Outta My Head), du Ragga Dance Hall synthétique (Electric City) et même du Blues-Electro (Now Generation) ou du Gospel Electro (One Tribe), si tant est que ça existe. Sans doute le pari était-il osé, sans doute était-il brillement relevé, sans doute manque-t-il le son si propre aux Black Eyed PEas. Certainement n’étions-nous pas prêts à entendre ça de la bande à Will I AM.
The E.N.D est un excellent album de Dance et de Hip Hop, mais pas assez bon pour un groupe de la trempe des Black Eyed Peas. Espérons donc, que ce ne soit pas « la fin », car la clique a encore des milliers de belles choses à nous dire.

David de Araujo (26 juillet 2009)