24 septembre 2009...14:07

Mika – The Boy Who Knew Too Much

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On l’avait attendu, le voici. Le grand et tout puissant Mika allait-il réussir son coming-out (nous parlons ici musique, évidemment). L’on sait à quel point le deuxième album peut être une étape difficile voire meurtrière. Beaucoup avant lui ne s’en sont jamais remis.

C’est donc le 18 septembre que le nouveau né de Mika (de son vrai nom Michael Holbrook Penniman) débarque. Après de nombreuses hésitations quant à son nom officiel, celui-ci s’intitule finalement « The Boy Who Knew Too Much », traduisez, « Le Garçon Qui En Savait Trop ». Derrière ce titre digne d’un nom d’épisode de la série Friends se cache une vérité toute simple. Ce garçon sait en effet tout. Ce garçon sait comment marche la musique, la pop plus exactement, et cet album en est une démonstration de force. Nul besoin d’épiloguer très longtemps, faisons tomber le rideau. On aurait aimé pouvoir vous dire le contraire, mais Mika « c’est plus fort que toi », et cet opus est une tuerie. Sous ses airs de chien battu, et sa petite bouille du David de Michel ange, l’attachant Mika représente à lui seul ce que la pop a fait de mieux au XXIème siècle, et l’industrie du disque elle-même semble lui mettre sur ses maigres épaules tout ses espoirs. Il est vrai qu’avec déjà 7 millions d’albums vendus à travers le monde, il parait sauver à lui seul toute le système : dès lors, reste à savoir ce qu’il en sera de ce nouveau disque.

Car, niveau musique, Mika nous fait du Mika, mais en mieux. C’est imagé, mais globalement c’est l’idée. Rien qu’à voir les 4 premières chansons, il y a fort à parier que ce seront effectivement 4 singles, potentiels numéros un. C’est d’une efficacité incroyable, et misons quelques euros sur le fait que ses singles vont (au passage) royalement nous emmerder d’ici 2 mois.

Car il est un fait que ce nouvel album n’est pas exempt de tout défaut.

Revenons-y, le premier, certainement le pire, c’est que les singles nous ferons l’effet d’un smecta d’ici quelques semaines. A force d’être efficace, on est radiophonique. A force d’être radiophonique, on est lassant. Théorie maintes fois démontrée. Love today ou Relax (Take It Easy) en étaient de parfaits exemples. Car cet album donne donc l’effet d’être un vrai best of. 12 chansons toutes plus entêtantes les unes que les autres, et ce (c’est rare) dès la première écoute. A noter la petite tache de l’album « By The Time », un peu pâlotte, un peu trop « Noël Ensemble » pour être plus clair.

Ceci pour le fond. Quant à la forme, regrettons simplement la dérive de la pop acidulée rose bonbon, qui peut vite virer une bande son à la limite du monde des poupées de Disneyland.

Autrement, ne soyons pas mauvaises langues. D’une manière générale, les ballades de Mika sont bien plus racées que par le passé, effaçant son mauvais coté Robbie williams pour un bon coté Scissor Sisters, Prince, ou Freddy Mercury (ça a quand même un peu plus de gueule). La production, quoique gonflée à l’hélium, et œuvre du producteur de Katy Perry (ce qui est un handicap non négligeable) est plutôt très réussie, mêlant pop, disco, opéra et gospel avec une subtilité notable, cet album confirme le talent du Prince nouvelle génération.

Les Inrocks sont de ceux qui pensent que Mika est certainement le candidat le plus sérieux « au poste vacant du King of pop ». Difficile de leur donner tort en effet.

Petite ouverture. Cet album fait l’effet d’une bombe, celui qui dit trouver ça mauvais n’est certainement rien d’autre qu’un imbécile, car il est une certitude : Mika est un grand de la musique. C’est album est un grand album. Cependant, sans doute lui faudra-t-il évoluer quelque peu pour le 3eme, car la recette risquerait bien d’avoir un gout de frelaté au prochain coup. Lui dit ne pas savoir faire autre chose. Espérons qu’il se trompe. Je ne doute pas que ce garçon ait encore un paquet de belles choses à raconter, et en musique maestro.

David de Araujo (24 septembre 2009)

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