24 septembre 2009...14:24

Muse – The Resistance

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Nous commencerons cet article par une concession. Oui c’est vrai, Muse est un grand groupe, au talent indéniable, et qui mérite le plus grand des respects pour ses tentatives osées de se créer un nouveau son.

Voilà qui est dit.

Le contexte est placé. Dès lors nous pourrons parler de leur dernier album. The Resistance.

Pas de langue de bois c’est promis. Alors C’est parti. Uprising, le single pour commencer l’album. Ce n’est pas la meilleure chanson de Muse, mais enfin, le riff est diablement sexy, la voix merveilleusement claire, le son sublimement puissant, bref cette chanson est d’une relative qualité. Ça ne commence donc pas trop mal. Le problème c’est que pour trouver la deuxième bonne chanson de l’album il faut tout de même attendre la 8eme piste, ce qui, vous l’aurez compris, nous laisse perplexes durant sept chansons. Et vous le savez certainement aussi bien que moi, une chanson de Muse, c’est long. Parfois même très long, trop long. Alors, on ne s’attendait pas au bon rock de Origins of Symetry mais tout de même.

Matthew Bellamy nous avait promis un opus symphonique, choses promises, choses dues. Malgré quelques bonnes surprises, La structure complexe d’Unnatural Selection est des plus grandioses, détruisant les classiques du genre, et s’inscrivant dans la veine des bâtisses de Paranoid Android ou de Good Vibrations pour les plus vieux. Le fond est incroyable, mais la forme classico-lyrico-symphonique est d’un gout douteux, que l’on retrouve tout le long de The Resistance. De Freddy Mercury à Mercury Rev, la frontière est bien mince. Le lyrisme de l’un, le kitsch de l’autre (et vice versa, ça marche aussi) est relativement épuisant.

On savait que muse était adepte du grandiloquent, mais ici les sommets les plus inaccessibles sont atteints. Un album aux faux airs d’opéra rock, qui n’est pas sans rappeler Freddy Mercury et non pas Queen.  Car on lit ici et là que Muse sort un album « Queenesque », c’est pourtant tout à fait  faux. Bellamy rivalise avec Mercury il n’y a pas de doute. Techniquement il n’y a rien à redire. D’ailleurs, mieux encore, chacun des membres remplit sa mission avec brio, jusqu’à la production assurée par Bellamy en personne. Et s’il est une vérité, c’est bel et bien celle-ci. Le guitariste et chanteur de Muse est certainement l’un des meilleurs guitaristes et chanteurs de sa génération. Le batteur de Muse est certainement l’un des meilleurs batteurs de sa génération. Le bassiste de Muse est certainement l’un des meilleurs bassistes de sa génération. Le problème, c’est que la démonstration de force manque cruellement de subtilité. C’est en cela que cet album s’éloigne des standards de Queen. Certes, niveau opéra rock ça a quand même plus de bagout que Mozart la comédie musicale, mais ce lyrisme de stade est dune lourdeur vomitive. On s’approche autant des Killers que de Mercury. Et ce n’est pas forcément un compliment. Resistance aurait du s’appeler Grandiloquence. Car les trois de Plymouth sont des spécialistes du genre, jusque dans les titres pompeux des chansons.

Conclusion ? – Bien volontiers.

Muse est un très bon groupe

Mais Resistance n’est définitivement pas un très bon album

 David de Araujo (24 septembre 2009)

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